Fin de vie : mal appliquée et controversée, la sédation terminale au cœur de plusieurs plaintes

Fin de vie : mal appliquée et controversée, la sédation terminale au cœur de plusieurs plaintes
Publié le
June 9, 2026
Des familles endeuillées saisissent la justice car elles estiment que les droits de leurs proches en fin de vie n'ont pas été respectés. En cause : des médecins refusant de pratiquer la sédation profonde et continue jusqu'au décès. Dix ans après la loi Claeys-Leonetti, ce geste reste controversé.

Des services de soins palliatifs sur le banc des prévenus. C'est assez rare pour être souligné. Ces derniers mois, des familles endeuillées saisissent la justice car elles estiment que les droits de leurs proches, des malades en fin de vie, n'ont pas été respectés. Plusieurs plaintes ont été déposées au pénal, une instruction est en cours et une décision est attendue du tribunal de Paris mercredi 10 juin. Le point commun à tous ces dossiers : le refus des médecins de pratiquer la sédation profonde et continue jusqu'au décès. Un geste thérapeutique autorisé par la loi Claeys-Leonetti de 2016 sous certaines conditions.

Dans le salon de Madame Condamines, une photographie de son mari. Visage émacié, regard intense, Charles Condamines, homme de conviction, sociologue, était atteint d'un cancer incurable. Décédé à son domicile à l'âge de 80 ans en août 2020, dans des conditions qu'Elizabeth Condamines juge "intolérables, insupportables et inhumaines". "Je l'ai vu agiter les bras, chercher de l'air, dans son ventre, dans ses côtes, et me regarder avec ce regard de détresse que je ne peux pas oublier. C'est terrible de mourir en étouffant", se souvient Elizabeth Condamines.

"Ces médecins n'ont pas fait leur travail"

C'était tout ce que son mari voulait éviter. Il était accompagné par un réseau de soins palliatifs. À sa demande, plusieurs réunions de concertation médicale avaient été organisées. Il souhaitait bénéficier le moment venu d'une sédation profonde et continue jusqu'au décès. Pas une euthanasie, mais "dormir avant de mourir", un coma pharmacologique couplé d'un arrêt de l'hydratation et de l'alimentation en théorie autorisé aux patients dont le temps se compte en heures ou quelques jours. "La réalité a été toute autre, poursuit la veuve, puisque les médecins l'ont abandonné au seuil de son agonie. On nous disait simplement d'administrer une petite dose de ci, une petite dose de ça. Ils estimaient que faire plus n'était pas éthique, moi, je trouve que ces médecins n'ont pas fait leur travail."

Source : www.radiofrance.fr

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Commentaire du CPDH

Une controverse qui arrive à point nommé pour les partisans de la mort administrée !

Certains médecins refusent de tuer leurs patients par la sédation profonde et continue et l’arrêt total des traitements ; il faudrait donc légaliser l’euthanasie pour les faire plier. Voici un bel exemple de respect et de tolérance de la liberté de conscience de chacun…

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