
« Le Comité Consultatif National d'éthique (CCNE)désapprouve qu'un texte législatif ou réglementaire légitime l'acte de donner la mort à un malade » (avis N°26 - 24 juin 1991)
Il est toujours intéressant de regarder en arrière pour considérer l’évolution des positions éthiques des instances qui sont chargées d’éclairer le pouvoir législatif. Le CPDH vous propose cette semaine un résumé rétrospectif des positions du Conseil Consultatif National d’Ethique (CCNE), du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE). Comment est-on passé du refus de l’euthanasie, à la perspective d’une « exception d’euthanasie » pour aboutir à une « euthanasie encadrée »,requalifiée en « aide à mourir » ? Un coup d’œil dans le rétroviseur des débats de société est instructif !
Au cours des quarante dernières années, les positions du Comité Consultatif National d’éthique (CCNE), du Conseil économique, social et environnemental (CESE) ont connu une évolution significative concernant la fin de vie.
Initialement centrées sur le refus de l’euthanasie, la protection des personnes vulnérables et le développement des soins palliatifs, ces institutions ont progressivement intégré de manière croissante le principe d’autonomie de la personne. Cette évolution a conduit le CCNE puis le CESE à considérer la possibilité d’une « aide active à mourir » (euthanasie ou assistance au suicide).
Durant les années 1990 et au début des années 2000, le CCNE s’inscrit dans une logique privilégiant :
La réflexion du Comité s’appuie principalement sur les principes de dignité humaine et de solidarité envers les personnes vulnérables, refusant l’euthanasie.
À mesure que s’affirment les droits des patients et que les progrès médicaux prolongent certaines situations de dépendance ou de souffrance, le CCNE accorde une attention croissante à l’autonomie individuelle.
Les lois Leonetti (2005) puis Claeys‑Leonetti (2016) renforcent cette dynamique en reconnaissant notamment :
Le CCNE considère alors qu’« il existe une voie pour une application éthique de l’aide active à mourir » sous des conditions très strictes, tout en jugeant indispensable un renforcement préalable des . Le Conseil donne deux principes directeurs :
Le CESE aborde la fin de vie plus spécifiquement sous l’angle :
En 2018, le CESE soulignait les insuffisances du développement des soins palliatifs et s’interrogeait sur l’évolution du cadre légal.
L’avis de 2023 : soutien à l’évolution de la loi
Dans son avis « Fin de vie : faire évoluer la loi ? »,adopté le 9 mai 2023, le CESE franchit une étape nouvelle. Il recommande :
Une majorité de membres du CESE voulait que le débat n’oppose pas soins palliatifs et euthanasie mais recherche « leur complémentarité ».
A mesure que l’on s’est orienté vers l’introduction d’un « droit à une aide active à mourir», l’évolution du vote parlementaire a témoigné d’un effondrement du soutien à des projets de loi de plus en plus orientés vers l’euthanasie et le suicide assisté.
La loi Leonetti (2005) avait été adoptée à l’unanimité. La loi Clayes-Leonetti à 92,8 % des députés votants (431 POUR et 34 CONTRE. La loi du 18 août 2026 a été adoptée à 54,7 % (291 POUR et 241 CONTRE). On observe donc une très forte baisse de l’approbation parlementaire ! La dernière loi est particulièrement marquée par l’absence totale de consensus et par un rejet très important de son contenu.
